Les Essais du Petit Décodeur

25 février 2015

Aujourd’hui dans le monde : le Qatar soutient-il le terrorisme ?

Alors que le Qatar affirme combattre le terrorisme et a rejoint la coalition internationale contre l'Etat islamique (EI), différents rapports sur le terrorisme du département d'Etat américain montrent que des Qataris finance le mouvement djihadiste en Irak et en Syrie.

(Etat islamique : C’est une organisation armée salafiste djihadiste qui a proclamé le 29 juin 2014 l'instauration d'un califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle. L’essor de cette organisation est notamment lié aux déstabilisations géopolitiques dues aux guerres irakiennes puis syriennes. Sa création remonte à 2006.)

Ce sont des individus du Qatar qui ont financé l’EI, pas le gouvernement directement. Pourtant le gouvernement qatari est aussi responsable car il n’y a pas de loi pour limité ces pratiques. Certes, il existe des lois réprimant le blanchiment d'argent et le financement des organisations terroristes mais leur mise en application est "aléatoire" et marquée par de "graves carences".

Aujourd’hui, on admet donc que le Qatar finance le terrorisme.

A part ça, il y a aussi des personnalités arabes qui organisent des discours à vocation djihadiste sur le sol qatari (un extrait de Hajjaj Al-Ajmi : « Donnez votre argent à ceux qui vont le dépenser pour la guerre sainte plutôt que dans l'humanitaire. »)

L'engagement du Qatar auprès des extrémistes est sans doute un moyen d'assurer ses arrières en Syrie. Le Qatar est un pays qui a toujours cherché à multiplier les alliances : des talibans à Israël, avec qui il était un temps le seul pays du Golfe à entretenir des relations commerciales. Le Qatar accueille le Hamas, les milices islamistes libyennes et les Frères musulmans de toute la région.

Mais cette stratégie ne fonctionne guère. Et ce numéro d'équilibrisme pourrait coûter très cher à Doha.

 

(Les différents acteurs de l’islamisme)

(Le Hamas est une organisation terroriste responsable de la mort de plus de 1630 Israéliens. Le Hamas refuse de reconnaître l’État d’Israël et a juré de “lutter” jusqu’à sa destruction. Sa charte appelle clairement à la mort des Juifs.)

(Les talibans sont une organisation terroriste, originaire d’Afghanistan, dirigé par le Mollah Omar.)

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Aujourd’hui dans le monde : où le Qatar investit-il ?

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Le développement économique du Qatar s'accompagne en effet d'une stratégie d'investissement rodée, qui associe toujours une logique de placement, de développement, politique et prestige.

Ce richissime émirat (avec une croissance du PIB de 19% en 2010) investit dans tous les secteurs, privilégiant les marques.

Sa passion pour le sport s'est confirmée dans les dix dernières années :

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Le handball, dont le championnat mondial s’est tenu en début d’année 2015 à Doha et où brille l'équipe nationale locale... majoritairement composée d'étrangers fraîchement naturalisés et soutenue par des supporters espagnols invités pour l'occasion.

Producteur de pétrole et de gaz, le Qatar est le plus grand émetteur de CO2 au monde.

Doha a signé le protocole de Kyoto, qui limite les émissions de gaz à effet de serre. Mais, comme il était considéré comme un pays en voie de développement au moment de la ratification (il n'était alors qu'à la 50e place du classement mondial par PIB), le pays ne s'est pas vu fixer d'objectif de réduction de ses rejets, et n'a pris aucun engagement volontaire.

 

Après avoir racheté le PSG, le Qatar s'installe dans le capital de Total. Le petit émirat semble faire de la France une pièce centrale de sa stratégie d'investissements tous azimuts, mais pourquoi ?

Le Qatar, État riche de ses exportations de gaz mais géographiquement et démographiquement minuscule, serait en quête de visibilité sur la scène internationale plus encore que de placements lucratifs.

Les origines ?

Sa volonté d’exister à tout prix trouverait ses racines dans une forme de précarité géographique : le pays a refusé de rejoindre les Émirats arabes unis au début des années 1970 (on ne sait pas pourquoi) et se trouve coincé entre deux immenses voisins, l’Arabie saoudite, qui n’a toujours pas complètement accepté ses frontières, et l’Iran, avec qui il partage le gisement de gaz dont il tire sa richesse.

D'où une stratégie tous azimuts, consistant à nouer des liens avec les principaux dirigeants mondiaux et aussi bien à recevoir une diplomate israélienne qu'à soutenir les mouvements palestiniens radicaux.

En France, l'émir du Qatar a été le premier chef d’État reçu à Élysée par Nicolas Sarkozy, après son élection en 2007. Son rôle de médiateur dans la crise libyenne, où la France jouait un rôle moteur, a renforcé le "soft power" de l'émirat, c'est-à-dire sa capacité à peser bien plus que ce que sa simple puissance militaire lui permettrait d'obtenir.

Malgré tout ça, c’est le fond d’investissement d’Abu Dhabi qui investit le plus dans le monde.

 

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Cinéma : « 50 nuances de Grey », quels sont les critères de la censure ?

50 nuances de Grey sort pendant la Saint-Valentin aux Etats-Unis. Le roman à succès d'E.L. James met en scène les ébats d'un jeune milliardaire et d'une timide étudiante. Le film est un des plus attendus de l’année. Son adaptation au cinéma a été interdite aux mineurs de moins de 17 ans non accompagnés aux Etats-Unis. En France, le Centre national du cinéma recommande de réserver le visionnage du film aux plus de 12 ans.

Sur quels critères ? Se sont-ils assouplis ces dernières années, sous l'effet de la banalisation des images de sexe dans la vie quotidienne ?

 

Pour être diffusés en salle, les films doivent obtenir un visa d'exploitation du ministère de la culture. Ce visa est assorti d'une classification qui détermine les catégories d'âge auxquelles le film est destiné :

- tous publics

- moins de 12 ans

- moins de 16 ans

- moins de 18 ans

- classification X (le classement en film X ne permet pas la sortie de l'œuvre en salles, hors cinéma X – il n'en reste qu'un en France)

(Le dernier cinéma X en France est le Beverley, à Paris. Il a résisté à internet, il propose des films pornos des années 70, 80, 90. La consommation du porno se fait à 85% sur des sites gratuits, selon un institut commandé par Marc Dorcel, leader européen. Ce qui explique sa difficulté à survivre. A la mort du propriétaire, ce cinéma deviendra surement un petit théâtre.)

Sachant que la commission de classification peut modifier les catégories d’âge en fonction des années.

Entre 2010 et 2012, 2000 films ont été visionnés par la CNC, seulement 128 sont classés « interdit aux moins de 12 ans ». Ce sont les films les plus violents qui génèrent le plus de recettes ?

Comment est prise la décision ?

Tout d’abord, le film est vu par une sous-commission (composée d’enseignants, d’étudiants, de « mères de famille », etc.). S’il n’y a pas une unanimité (90% de « tous publics ») une autre commission tranche.

Quels sont les critères ?

Elle fait preuve d'une « vigilance particulière » en ce qui concerne la violence (physique ou psychologique), les comportements dangereux ou délinquants s'ils sont banalisés ou valorisés, l'atteinte à l'image de la femme, à la dignité humaine, les scènes sexuelles crues et l'exhibitionnisme. Sur la forme, elle examine la durée et la fréquence des scènes « critiques », leur charge émotionnelle, leur caractère traumatisant.

Mais si le réalisateur met en image de manière intelligente des sujets sensibles, avec un message, le film peut être « tous public » ou avoir seulement un avertissement.

Quel est l’impact économique d’une telle décision ?

Lorsqu'un film est assorti d'une interdiction pour certaines classes d'âges, son public et son nombre d'entrées en salle se réduisent mécaniquement. Les cinémas ont l'obligation d'afficher les interdictions, ce qui peut engendrer des surcoûts pour les salles, qui doivent contrôler l'accès du public. Ainsi, entre 2010 et 2012, aucun film ayant obtenu une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans n'a dépassé 100 000 entrées, à l'exception du film américain Le Dernier Exorcisme.

A la télévision, certaines plages horaires sont réservées aux films tous publics. Par exemple, les films interdits aux moins de 12 ans ne sont pas diffusés avant 22 heures sur les grandes chaînes. Les longs-métrages qui sont réservés aux plus de 18 ans sont visibles sur les chaînes cryptées uniquement, entre minuit et 5 heures du matin. Cela limite le prix de vente potentiel du film aux chaînes de télévision.

Ces catégories d’âge peuvent être contestés par les spectateurs ou des associations (exemple : « Antéchrist » a failli passé de « - de 16 ans » à « - de 18 ans » ou « X »).

« A quoi bon restreindre l'accès aux films quand toutes les images sont aujourd'hui en libre accès ? ». C’est la question que l’on se pose de nos jours.

Entre 2010 et 2012, les interdictions de moins de 12 ans à moins de 16 ans avec avertissement ont diminué par rapport aux années précédentes. Est-ce lié à une « accoutumance de la violence » ou à un souci économique ?

Même les films français ont tendance à « s’autocensurer », pour pouvoir mieux se vendre à la télévision. Et le phénomène se repend dans le monde.

 

L’avis d’un internaute : « Je ne comprends pas que ce film soit autorisé à partir de 12 ans. Personnellement je n'ai rien contre le SM, et j'y suis même plutôt sensible, mais "proposer" ce genre des sexualités à des adolescents à un âge où l'on se construit à ce niveau, où l'on expérimente ses premiers flirts, ne me semble pas du tout opportun. Ils auront bien le temps de découvrir leurs propres envies et leur propre chemin avec les années. Une interdiction moins de 16 ans aurait été beaucoup plus logique me semble t-il. »

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Statistiques : Comment juger la pertinence d’un sondage ?

Les sondages sont de plus en plus nombreux de nos jours. Ce sont les instruments des partis politiques pour constater ou prouver des faits.

Pour qu’un sondage soit fiable, il faut déjà qu’il soit réalisé par un organisme reconnu (pas un média en ligne par exemple).

Il doit être accompagné d’indications méthodologiques sur comment a été réalisé le sondage. Il doit être établi sur un grand échantillon (plus de 500), et il doit être construit selon la méthode des quotas. Ainsi, il est « représentatif ».

Attention : la question posée ne doit pas influencer l’interrogé.

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